Contribution de Didier Balaguer, Pluristop Bâtiment & Industrie

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Nous sommes éditeurs de bases de données pour la construction et de solutions collaboratives d’aide à la prescription depuis plus de 12 ans.

Nous travaillons sur la fluidification des échanges de données produits entre industriels et utilisateurs de ces données (architectes, économistes, BE, entreprises, maîtres d’ouvrage…).

Nous avons développé un format (dthX)permettant de décrire toute solution constructive article, produit et systèmes afin de permettre à n’importe quel industriel de décrire et dématérialiser son offre.

Nous sommes en train de finaliser le développement d’un démonstrateur SCOUP primé Innov’R par l’ademe et la région Rhône-Alpes (Cf résumé du projet ci-dessous) et venons d’être labellisé Eurostars par l’Europe pour développer le projet datBIM consistant à associer données techniques et géométrie en permettant une mise à disposition de l’information au format IFC.

Mes remarques :

Sur le volet information, vous militez pour une information de qualité et libre d’accès.
Pour produire ce résultat, cela a un coût et il faut un modèle économique pour pérenniser le service.

Nous proposons que celui-ci soit pris en charge par l’industriel dans le cadre de ses actions de prescription. En contrepartie, nécessité pour l’industriel de tracer l’utilisation de sa donnée.
Les industriels sur le principe sont plutôt favorables. Néanmoins il règne actuellement et depuis un certain nombre d’années un attentisme général.
Nos préconisations pour mettre en mouvement la France par rapport à l’Angleterre qui est déjà partie :

  • un jalon règlementaire qui aura pour objectif de fixer un cap tel que l’obligation pour les marchés publics d’utiliser le BIM à une échéance donnée
  • accélération des travaux normatifs PPBIM pour donner de la visibilité aux industriels sur la manière de structurer (solution de dictionnaire des caractéristiques collaboratif pour impliquer toute la profession et normalisé pour qu’il soit indiscutable).
  •  promouvoir des solutions mutualisées facilitant le travail des prescripteurs pour rendre accessible ce mode de prescription à l’ensemble des industriels et de telle manière que celui-ci ne soit utilisé que par les grands groupes qui ont les capacités de R&D pour développer leur solution personnalisée.
  •  développement de la formation
  • Accès à une information structurée, fiable et accessible (open data) : Il y a la problématique du financement pour collecter et produire ces informations et sur cette question le groupe de travail doit faire des propositions car c’est un facteur clé de généralisation de la démarche BIM.

2 types d’information : celle qui est spécifique au projet produite par la maitrise d’œuvre et celle qui peut être mutualisée d’un projet à l’autre et qui pour partie peut être produite par les industriels.

  • la nécessaire granulométrie des informations : chaque acteur n’a pas besoin du même type d’information en fonction de la phase du projet dans lequel il intervient et en fonction de sa mission. Au niveau de la données produits nécessité de disposer d’un mode de structuration avec une  arborescence multi-niveaux  : du macro(le système) au détail (l’article) afin de pouvoir donner la vue adaptée en fonction de l’usage. Exemple : l’architecte va proposer un système constructif à son client maître d’ouvrage, l’économiste et les BE (thermicien, acousticien, structure..) vont devoir définir les composants du système pour répondre aux différentes contraintes techniques, économiques  et règlementaires. L’exploitant qui voudra faire des travaux de maintenance ou d’évolution, il aura besoin de retrouver les caractéristiques des produits installés répondant à la règlementation et aux exigences de performance de l’ouvrage.
  •  la facilité d’usage : il faut effectivement que les outils qui permettent de trouver les solutions et d’alimenter la maquette soient ergonomiques et quasi transparents pour les utilisateurs d’où le travail sur l’interopérabilité.

L’adoption de solutions mutualisées par les industriels et les éditeurs faciliteront les usages. Si chaque industriel adopte son propre process de diffusion et chaque éditeur se limite à l’usage de son format propriétaire, les échanges ne pourront pas se faire de manière fluide.

  • pour gérer le référentiel de données produits dans le temps nécessité d’identifier les produits et systèmes et d’historiser leurs évolutions ainsi que leurs utilisations dans la maquette. Cette fonction peut être assurée à l’aide d’une plateforme mutualisée.
  • la donnée doit être vivante : nécessité de créer des liens dynamiques entre producteurs et utilisateurs de données. Une plateforme mutualisée peut-être alimentée, mise à jour par les producteurs de données et requêtée par les utilisateur de manière automatique ou semi-automatique par webservices.
  • Pour ne pas surcharger la maquette, il ne faut pas charger toutes les informations sur les produits utilisés mais plutôt un identifiant unique par produit qui permet de retrouver l’information sur un serveur.

Résumé du projet SCOUP

Le monde de la construction a engagé sa révolution numérique. Les évolutions réglementaires dérivées des objectifs de réduction de l’empreinte écologique du secteur en sont la principale explication. Réduction des rejets de gaz à effet de serre, amélioration de l’efficacité énergétique et des performances, apparition de la garantie de résultats, concourent à la dématérialisation des données, un mode de fonctionnement plus collaboratif, une fluidification et une intensification des échanges électroniques entre acteurs pour plus
d’innovation, de technicité, de simulation, etc. S’ajoutent à cela, dans un contexte de compétitivité accrue, des objectifs économiques de productivité, d’optimisation des cycles de construction, d’amélioration qualitative.
Le phénomène, constaté à l’échelle mondiale, a un nom : BIM, y compris en France où l’on parle également volontiers de maquette numérique. Il s’agit de la combinaison d’efforts portant sur l’évolution des logiciels métiers afin de les rendre notamment plus collaboratifs, plus interopérables, et aussi sur une standardisation des données techniques alimentant ces logiciels, en termes de structuration, format, protocole d’échanges. Le but est de faciliter la gestion d’un projet sur tout son cycle de vie par l’ensemble des parties prenantes, en générant et partageant des modélisations graphiques physique et fonctionnelle des ouvrages.

L’essentiel du travail s’est focalisé jusque-là sur la partie logiciel, faisant des éditeurs un acteur prépondérant de cette transformation. Le projet SCOUP s’est positionné sur la circulation des informations ; elle s’appuie sur un format d’échange de données (dthX) qui apporte ce complément d’interopérabilité donnant un sens, une efficacité supplémentaire à BIM.
Le démonstrateur SCOUP montre la faisabilité d’une solution technologique et de services pour que chaque acteur de la chaîne de la construction ait la capacité avec ses logiciels métiers existants, de déposer et puiser, à la demande, une information (données techniques) structurée et riche, lui permettant de mener sa part de travail dans le processus.

La base de données centralisée autour de laquelle s’organisent les services d’échanges de données est nourrie par les industriels, utilisée par tous les autres acteurs du secteur, dits utilisateurs, ces derniers venant chercher,
sélectionner, télécharger des données produits dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin, pour alimenter leurs logiciels métiers respectifs (dessin, simulations thermique, environnementale et acoustique, estimation économique, gestion patrimoniale, etc.).

Liste des partenaires techniques :

  • Les organisations professionnelles membres du club Gold dthX
  • L’école centrale de Lyon pour les travaux théoriques sur la grammaire dthX et l’ergonomie des interfaces.
  • Liste des partenaires financiers :
  • L’Ademe (Innov’R)
  • La région Rhône-Alpes (Innov’R)
  • L’état (CIR)
  • Le Crédit Agricole Centre-Est (Crédit bancaire)

Objectif :

Concevoir et réaliser un démonstrateur d’une chaîne quasi-automatisée entre l’industriel et l’utilisateur des logiciels métiers de la construction.

Les résultats obtenus :

Dans le cadre de la réalisation du projet SCOUP, nous nous sommes attachés à développer un démonstrateur qui une fois industrialisé apportera de la valeur aux différents acteurs concernés : industriels, éditeurs et utilisateurs à des conditions économiques acceptables et validées par le marché. Pour intégrer ces différentes conditions, nous avons dû réunir des compétences internes et externes à Pluristop dans les domaines technique, administratif, juridique, commercial, marketing, financier et métiers.

Le projet s’est déroulé selon la démarche proposée en 6 étapes sur une période de 26 mois. Les productions ont été délivrées sous 6 formes :

  • des rapports d’étude ( technique, marketing, économique et financier)
  • des documents juridiques (contrat, protection, dépôt de marque, nom de domaine)
  • des partenariats signés avec des industriels/éditeurs/organisations professionnelles représentant les utilisateurs
  • des programmes documentés (environ 15000 lignes en langages php et windev)
  • des fichiers tests xml et csv (environ 5300 entités )
  • des supports de dissémination diffusés à l’occasion de conférences, colloques et site internet (www.scoup.eu et www.scoup.eu.com ).

Peu d’industriels disposent de données techniques dématérialisées prêtes à être importées ce qui nous a amené à développer une interface intuitive pour faciliter ce travail à réaliser par les industriels.

Les suites envisagées :

Les architectes ont exprimé le besoin de disposer d’objets 3 D enrichis de données techniques pour rester au centre du projet dans le cadre de l’évolution des usages de la maquette numérique.
Le démonstrateur SCOUP va déboucher d’içi début 2014 sur une première version commercialisable baptisée datBIM v1. Elle permettra de répondre partiellement aux attentes des différents acteurs exprimées au travers
des échanges réalisés sein du club dthX par la mise à disposition d’une base de données intégrale structurée au format dthX (données finies numériques et alpha numériques) sur le poste utilisateur.
La réalisation du projet SCOUP nous a permis de définir la prochaine version datBIM v2, le catalogue ouvert et connecté donnant accès en temps réel à des objets 3 D compatibles IFC capable de gérer des données discrètes numériques, alphanumériques et paramétrables intégrant l’historisation des modifications des données produits et l’historisation de l’utilisation tout en disposant de la puissance du cloud computing. Cette deuxième phase de développement va être réalisée dans le cadre d’un plan de R&D menée en partenariat avec la société
Luxembourgeoise MaPS System, éditrice d’un progiciel de master data management. Ce projet correspondant à un investissement de plus de 1 M€ vient d’être labellisé Eurostars. Il est réalisé dans la perspective d’un déploiement européen (gestion multilingue) afin d’être présent sur le marché Britannique avant l’application sur l’obligation du BIM pour les marchés publics en 2016.

Nous avons identifié que la vitesse de déploiement est un facteur clé de succès du projet dat BIM et nous mettons ainsi tout en oeuvre pour atteindre cet objectif : synergie partenariale, développement technologique à destination des industriels et des éditeurs, usage de standards, démarche de levée de fonds pour recruter, animer et former un réseau de distribution.

Les indicateurs du projet SCOUP :

Nombre d’industriel : 36
Nombre d’entités stockées : 5300
Nombre d’éditeurs : 18
Nombre d’utilisateurs potentiels (nb de licences vendues par les éditeurs) : 14000
Nombre de téléchargements de la base : en test

Budget investi sur le projet du démonstrateur SCOUP de 310 K€ HT (hors frais de déplacement) et le budget prévisionnel de R&D sur le projet d’industrialisation datBIM est d’environ 1M€ sur 2 ans.

Les contacts : le club gold dthX constitué d’industriels, d’éditeurs et d’organisations professionnelles de la maîtrise d’oeuvre représentant les utilisateurs.

Liste des partenaires accessible sur http://www.scoup.eu

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